
Singapour, cette cité-État dynamique d’Asie du Sud-Est, est connue pour sa diversité culturelle et sa scène culinaire exceptionnelle. Parmi les nombreuses communautés qui composent le tissu social de cette métropole cosmopolite, la communauté malaisienne, qui a apporté avec elle de riches traditions culinaires. Parmi elles, le roti canai, un pain feuilleté à la fois croustillant et moelleux, qui est devenu un incontournable du petit-déjeuner singapourien, accompagné d’un curry réconfortant.
Dans cet article, nous vous emmenons à la découverte du roti canai, de la culture malaise à Singapour et de ses autres trésors gastronomiques.
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La communauté malaise à Singapour
La communauté malaise fait partie intégrante de la société singapourienne. Majoritairement musulmans, les Malais sont arrivés à Singapour au cours du 14e siècle, alors que l’île faisait partie de l’empire de Srivijaya, un puissant royaume bouddhiste qui couvrait une grande partie de l’Asie du Sud-Est.
Cependant, c’est avec la fondation moderne de Singapour, lorsque Sir Stamford Raffles établit un comptoir commercial britannique sur l’île en 1819, que la communauté malaise a véritablement pris racine et que de nombreux malaisiens des régions voisines furent attirés par les opportunités économiques qui s’y présentaient.
Au fil des décennies, cette communauté s’est agrandie et a joué un rôle crucial dans le développement de Singapour. Aujourd’hui, les Malais constituent environ 13% de la population singapourienne, formant ainsi la troisième plus grande communauté ethnique après les Chinois et les Indiens. Ils ont apporté avec eux une riche culture, incluant leur langue, le malais (qui est l’une des quatre langues officielles de Singapour), leurs traditions et, bien sûr, leur cuisine exceptionnelle.
La culture malaise est profondément ancrée dans le tissu social de Singapour. On la retrouve dans l’architecture traditionnelle des quartiers comme Kampong Glam, dans les célébrations du Hari Raya Puasa (la fin du Ramadan), et surtout dans la cuisine locale. Les hawker centers, ces centres de restauration populaires, regorgent de stands proposant des spécialités malaises qui font le bonheur des locaux comme des touristes.
Plats typiques malais à Singapour
À Singapour, la cuisine malaise est incontournable. On peut citer le nasi lemak, une assiette de riz parfumé cuit dans du lait de coco, servi avec des accompagnements tels que des anchois frits, du sambal épicé, des cacahuètes frites et un œuf dur. Le satay, des brochettes de viande grillée servies avec une sauce aux cacahuètes, est également un favori local.
Un autre plat malais emblématique est le mee rebus, un bol de nouilles baignant dans une sauce à base de patates douces, de crevettes et de tamarin, garni de tofu frit et d’œufs durs.

Le roti canai
Le roti canai est un pain plat feuilleté à la texture légère et croustillante, un délice lorsqu’il est fraîchement cuit. À Singapour, ce pain est dégusté au petit-déjeuner ou à toute heure de la journée. Il est doré à la perfection à l’extérieur et tendre à l’intérieur, tout en ayant une délicate saveur beurrée.
Lorsqu’on le déchire, le roti canai révèle ses multiples couches, résultat d’un processus de pliage minutieux. On l’accompagne d’un curry (souvent un curry de lentilles ou de poulet), mais on peut le déguster simplement en le trempant dans du sucre. Ce pain réconfortant a gagné sa place dans les cœurs des Singapouriens, toutes cultures confondues.
Histoire et origine du roti canai
L’histoire du roti canai est aussi complexe que ses saveurs. Bien que son origine exacte soit sujette à débat, les circonstances laissent à penser qu’il serait né de l’influence des immigrants indiens musulmans en Malaisie.
Le mot « roti » signifie « pain » en hindi et dans plusieurs autres langues indiennes. Quant à « canai », son étymologie est plus discutée. Certains pensent qu’il fait référence à Chennai (anciennement Madras) en Inde, d’où seraient originaires de nombreux immigrants. D’autres suggèrent qu’il dérive du mot malais « canai », qui signifie « rouler (la pâte) finement ».
Avec la diaspora indienne qui s’est installée à Singapour et en Malaisie, ce pain s’est adapté aux goûts locaux. Aujourd’hui, il est considéré comme un pilier de la cuisine de rue à Singapour et en Malaisie, où il est préparé avec des mouvements rapides et habiles dans des stands de mamak.
Ingrédients et recette du roti canai
La recette traditionnelle du roti canai demande des ingrédients simples, mais le secret réside dans la technique. Voici les étapes clés pour préparer ce pain feuilleté
- 500 g de farine
- 1 cuillère à café de sel
- 18 cl d’eau bouillante
- 18 cl d’eau à température ambiante
- Huile (pour la pâte et la cuisson)
- Beurre ou ghee (facultatif)
- Mélangez la farine et le sel dans un bol, puis ajoutez progressivement l’eau bouillante tout en remuant.
- Ajoutez l’eau à température ambiante pour former une boule de pâte, puis laissez-la reposer pendant 30 minutes.
- Pétrissez la pâte jusqu’à ce qu’elle soit lisse et divisez-la en 8 boules égales. Badigeonnez-les d’huile et laissez reposer pendant au moins 2 heures.
- Étalez chaque boule le plus finement possible, badigeonnez d’huile, et formez une spirale serrée. Laissez reposer à nouveau avant de cuire dans une poêle chaude.
Astuces pour réussir le roti canai
Le secret du roti canai réside dans la patience et la finesse. Prenez le temps de bien reposer la pâte. Cela permet de la détendre, et vous pourrez l’étaler finement avec plus d’aisance. Plus la pâte sera fine, plus votre roti sera feuilleté. N’hésitez pas à l’étirer jusqu’à ce qu’elle soit presque transparente. Badigeonnez généreusement d’huile pour empêcher la pâte de coller et pour obtenir cette texture croustillante et feuilletée à la cuisson. Vous pouvez également ajouter du ghee ou du beurre fondu pour un goût encore plus riche.

Comment déguster le roti canai ?
Le roti canai est traditionnellement servi avec un curry de lentilles, aussi appelé dhal, ou un curry de poulet. Pour une version plus simple, certains aiment le tremper dans du sucre ou du lait concentré sucré. À Singapour, il est fréquent de voir une multitudes de variations autour du roti, parmi elles le roti telur, garni d’œufs, ou le roti planta, fourré au beurre.
Pour un repas plus complet, associez votre roti canai à un assortiment de sambals (sauces épicées), d’œufs durs ou même de légumes au curry.
Des recettes similaires à travers le monde
Le roti canai a des « cousins » dans de nombreuses cuisines à travers le monde. Voici quelques pains plats similaires que vous pourriez apprécier :
Paratha (Inde) : Un pain feuilleté très similaire au roti canai, qui peut être garni de légumes.
Msemen (Maghreb) : Une galette feuilletée d’afrique du nord, servie au petit-déjeuner ou au café de l’après-midi. On le déguste seul, avec du miel ou de la confiture.
Gözleme (Turquie) : Une crêpe fine farcie de fromage, de viande ou d’épinards.

Le roti canai est un héritage vivant qui traverse les cultures et les époques. À travers sa préparation minutieuse et ses saveurs réconfortantes, il incarne à la fois la simplicité et la sophistication de la cuisine malaise. En tant que trésor culinaire de Singapour, il continue de séduire des générations de gourmands. Que vous soyez un amateur de cuisine ou un curieux désireux de découvrir de nouvelles saveurs, le roti canai est une expérience à ne surtout pas manquer.
Le Roti Canai : Un Délice Malais au Cœur de Singapour
Ingrédients
- 500 g de farine
- 1 càc de sel
- 18 cl d’eau bouillante
- 18 cl d’eau à température ambiante
- Huile
- Beurre ou ghee facultatif
Préparation
- Disposer la farine et le sel dans un grand bol et mélanger. Ajouter progressivement l’eau bouillante en l’incorporant à la farine avec une spatule en bois.
- Verser l’eau tiède progressivement de manière à pouvoir ramasser la pâte et former une boule. Couvrir et laisser reposer 30 minutes à température ambiante.
- Déposer la pâte sur un plan de travail et la pétrir jusqu’à ce qu’elle soit lisse.
- Diviser la pâte en huit boules de tailles égales et les couvrir avec du film alimentaire.
- Badigeonner une assiette plate avec de l’huile.
- Préparer un petit bol avec de l’huile. Rouler les boules de pâte dans l’huile de manière à les enrober. Placer chaque boule enduite d’huile dans l’assiette en s’assurant de bien les séparer. Couvrir avec du film alimentaire et laisser reposer pendant au moins 2 heures ou toute une nuit.
- Façonner les roti canai: Sur un plan de travail généreusement huilé, étaler une boule de pâte le plus finement possible, jusqu’à ce qu’on puisse voir à travers.
- Badigeonner la surface du roti avec de l’huile. Rouler la pâte en tube, puis en spirale serrée. Presser la spirale avec la paume pour la sceller.
- Disposer le roti dans une assiette huilée. Répéter avec les autres boules de pâte.
- Couvrir à nouveau et laisser reposer au moins 1 heure.
- Cuisson : Chauffer une poêle antiadhésive (ou tawa) à feu moyen.
- Aplatir le roti avec la paume de la main pour obtenir un cercle de 18 cm de diamètre.
- Cuire le roti avec un peu d’huile jusqu’à ce qu’il soit doré des deux côtés. Retourner plusieurs fois pour une cuisson uniforme.
- Déguster chaud avec un curry.






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