
Cette année, j’avais envie d’un plat de Noël qui fasse vraiment “waouh” quand il arrive sur la table, mais qui ne soit pas non plus trop technique. La truite en croûte coche toutes les cases : croustillante, fondante, élégante, et surtout assez simple pour qu’on puisse profiter du moment. Ici, on part de l’idée du saumon en croûte traditionnel, et on le réinvente façon Dumplings and More, avec une touche coréenne, un pesto d’herbes au citron confit et une crème d’épinards aux shiitakes réveillée au gochujang.
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Histoire et origine du saumon en croûte : le plat de fête qui impressionne sans parler fort
Le saumon en croûte appartient à cette famille de recettes “signature” qu’on associe instinctivement aux grandes occasions. On le retrouve sous différentes formes en Europe, souvent rapproché de l’esprit du Wellington : une belle pièce enveloppée dans une pâte feuilletée dorée, qui protège la cuisson, enferme les arômes et transforme le service en petit spectacle. Cette technique a aussi quelque chose de rassurant : la croûte joue le rôle d’écrin, la garniture sert de liaison, et au moment de trancher, tout se tient. C’est précisément ce qui en a fait un classique des fêtes : il y a du panache, mais la mécanique reste accessible.
Avec les années, la recette s’est parfois figée dans une version très connue, saumon-épinards-crème, efficace mais attendue. Le principe, lui, est trop bon pour rester enfermé. Il suffit de garder l’esprit, et de déplacer les curseurs : changer le poisson, travailler la garniture, introduire une note fermentée ou une acidité plus complexe. C’est là que cette truite en croûte trouve son terrain de jeu.

La truite : plus fine que le saumon, et idéale pour une version “twistée”
On n’a pas choisi la truite par hasard. Si elle remplace très bien le saumon dans cette recette, elle changer aussi complètement l’équilibre du plat. La truite a une chair plus délicate, moins grasse que celle du saumon, avec une douceur qui laisse davantage de place aux aromatiques. Là où le saumon impose naturellement sa richesse, la truite accepte qu’on vienne écrire autour d’elle. Dans une truite en croûte, c’est un avantage énorme, parce que la pâte feuilletée, le pesto et la crème d’épinards occupent déjà beaucoup d’espace sensoriel. La truite apporte donc un fond tendre et élégant, sans saturer, et le résultat paraît étonnamment léger pour un plat de Noël.
Au moment de la cuisson, la truite se comporte très bien dans la croûte, à condition de ne pas la noyer dans des préparations trop humides. C’est pour ça que le repos, la gestion de l’eau des champignons et la “cheminée” sur la pâte feuilletée sont des détails qui changent tout.
Le gochujang : la profondeur coréenne, entre douceur, chaleur et umami
Le gochujang, c’est l’un de ces ingrédients qui transforment une recette sans la rendre compliquée. Cette pâte coréenne fermentée, à la fois pimentée, légèrement sucrée et intensément umami, apporte une dimension presque caramélisée en bouche, même quand on en met très peu. Dans cette truite en croûte, il ne s’agit pas de faire un plat piquant. L’idée, c’est plutôt d’insuffler de la profondeur à la crème d’épinards et de champignons, de lui donner ce petit relief qui fait dire “tiens, il se passe quelque chose”, sans qu’on doive identifier immédiatement l’ingrédient.
Et puis, ce gochujang fait un pont naturel avec l’univers Dumplings and More. C’est exactement le type d’histoire qu’on aime glisser dans un plat de fête : une tradition européenne revisitée, et une touche coréenne qui s’invite à table avec évidence. D’ailleurs, si tu aimes ces croisements culinaires, nos cartes culinaires illustrées sur la Corée du Sud en boutique prolongent l’expérience : on y raconte les saveurs, les ingrédients et les plats emblématiques avec une approche à la fois graphique et gourmande, comme un souvenir qu’on garde, ou un cadeau qu’on offre.

Les shiitakes : le champignon qui donne du caractère
Les shiitakes ne jouent pas dans la même cour que les champignons de Paris. Là où ces derniers restent doux, presque neutres, les shiitakes sont boisés, plus charnus, plus “bruns” dans leur parfum. Ils ont aussi cette capacité à porter l’umami naturellement, ce qui les rend parfaits pour une garniture de fête. Dans cette recette, ils ne sont pas un détail, ils sont une colonne vertébrale : ils donnent de la mâche, ils structurent la crème, et ils répondent au gochujang comme si les deux s’étaient toujours connus.
Si tu utilises un mélange, la recette reste très bonne, mais avec des shiitakes, la truite en croûte gagne ce petit supplément de profondeur qui évoque immédiatement l’hiver, les plats réconfortants, et l’esprit des repas longs où on prend le temps.
Le citron confit dans le pesto d’herbes : la touche algérienne qui éclaire tout
Le citron confit, c’est la lumière dans la recette. On connaît tous l’accord poisson-citron, mais le citron confit a une personnalité différente : moins frontal, plus rond, plus complexe, presque floral parfois, avec un côté salin qui rappelle qu’il a pris le temps de se transformer. Le glisser dans un pesto d’herbes, c’est l’idée simple qui fait basculer la recette du côté “signature”.
Le pesto ici n’est pas un pesto basilic classique. On est sur une composition fraîche, très herbacée, avec persil, ciboulette et aneth. L’aneth, en particulier, adore les poissons et donne immédiatement un parfum de fête. Le citron confit vient relier tout ça et apporte une note algérienne discrète mais essentielle, comme un clin d’œil. Et au final, c’est ce pesto qui donne le tempo dès la première bouchée : ça sent Noël, mais pas un Noël figé.
La recette de la truite en croûte: l’effet “grand plat” sans se prendre la tête
Ce que j’aime dans cette truite en croûte, c’est qu’elle a l’air très élaborée alors qu’elle repose sur des gestes simples. On prépare un pesto, on fait tomber une garniture épinards-champignons, on assaisonne bien, puis on assemble. La pâte feuilletée fait le reste : elle donne la théâtralité, le croustillant, le côté “plat de fête”. Et au moment de servir, la découpe révèle les couches comme un mille-feuille salé.
Pour Noël, c’est particulièrement intéressant parce que le plat peut se préparer en amont, et qu’il libère du temps au moment où l’on veut être avec les autres. Tu peux même préparer les éléments séparément, monter juste avant cuisson, et te retrouver avec un centre de table comestible, doré, parfumé, et parfaitement dans l’esprit tradition twistée de Dumplings and More.
La recette : Truite en Croûte – Pesto d’Herbes au Citron Confit & Crème d’Épinards et Shiitakes au Gochujang
Pour quatre personnes, compte environ trente-cinq minutes de préparation et vingt-cinq minutes de cuisson. Il te faut deux beaux filets de truite sans peau, une pâte feuilletée pur beurre rectangulaire, un jaune d’œuf pour la dorure, du sel et du poivre.
Pour le pesto, prévois du persil, de la ciboulette, de l’aneth, un zeste de citron, de l’huile d’olive, du citron confit haché très fin, du parmesan, puis l’assaisonnement. L’objectif est d’obtenir une pâte épaisse mais tartinable : quelque chose qui se tient, qui parfume, mais qui ne détrempe pas la pâte. On mixe les herbes, le parmesan, le zeste, le citron confit, on verse l’huile petit à petit, on sale, on poivre, et on ajuste jusqu’à la texture idéale.
Pour la crème d’épinards et shiitakes au gochujang, tu pars d’échalotes que tu fais revenir doucement dans un peu de beurre ou d’huile, puis tu ajoutes les champignons émincés. La clé, c’est de les cuire assez longtemps pour que l’eau s’évapore vraiment : c’est ce moment-là qui garantit une truite en croûte bien croustillante. Quand les champignons sont bien revenus, tu ajoutes les épinards et tu les laisses tomber, juste le temps qu’ils deviennent tendres. Hors du feu, tu incorporeras une cuillère de crème épaisse ou de mascarpone, puis une cuillère à café de gochujang. Tu poivres, tu ajustes le sel, et tu laisses tiédir.

Pendant que la garniture refroidit, tu prépares la truite : un léger assaisonnement, puis un bon séchage au papier absorbant. Ce geste est bête, mais il évite l’excès d’humidité au montage.
Vient ensuite l’assemblage, le moment satisfaisant. Tu déroules la pâte feuilletée bien froide, tu déposes au centre une bande de pesto à la longueur de la truite, puis tu étales une couche fine de crème épinards-shiitakes. Tu poses le premier filet de truite, tu remets un peu de crème, puis tu poses le deuxième filet. Tu termines avec une cuillère de pesto sur le dessus, juste pour rappeler l’herbe et le citron confit au premier plan.
Tu refermes la pâte en soudant proprement, d’abord les côtés, puis le dessus, avec un peu de jaune d’œuf pour coller. Ensuite, tu retournes l’ensemble pour que la soudure se retrouve dessous : c’est le petit truc qui rend la truite en croûte plus jolie et plus nette. Tu dores au jaune d’œuf, tu peux faire des incisions fines si tu veux un rendu “boulangerie de fête”, et surtout, tu fais une cheminée au-dessus : une petite ouverture qui laisse la vapeur s’échapper et protège le croustillant.
Tu enfournes dans un four préchauffé à deux cents degrés pendant environ vingt-cinq minutes. La pâte doit être bien dorée, et l’ensemble sentir le beurre chaud, l’aneth et le citron confit. À la sortie du four, tu laisses reposer cinq minutes avant de trancher. C’est tentant d’y aller tout de suite, mais ces cinq minutes rendent le service plus propre et la texture plus agréable.
Pour la sauce minute, si tu veux pousser le côté “restaurant”, tu mélanges un peu de crème fraîche avec un trait de jus de citron, de l’aneth ciselée, du sel et du poivre. Ce n’est pas obligatoire, mais avec la truite en croûte, c’est le détail qui donne une impression de plat pensé jusqu’au bout.
Astuces : ce qui fait la différence sans compliquer
Si tu ne devais retenir qu’une chose, c’est la gestion de l’humidité. Une garniture trop chaude ou des champignons pas assez cuits, et la pâte feuilletée souffre.
Prends le temps d’évaporer l’eau, laisse tiédir avant de monter, et n’oublie pas la cheminée. Et si ton four chauffe fort, place la truite en croûte plutôt au milieu du four pour éviter une coloration trop rapide sur le dessus alors que l’intérieur n’a pas eu le temps de se poser.
Variantes : rester dans l’esprit, changer la musique
Tu peux garder la structure et changer la personnalité. Une version plus méditerranéenne fonctionnerait très bien avec des herbes différentes et un citron confit plus dominant.
Une version plus “Corée assumée” peut accueillir un soupçon de miso blanc en plus, ou une pointe de sésame grillé dans la garniture. Et si tu veux un résultat encore plus doux, tu diminues le gochujang et tu laisses l’aneth mener la danse : la truite en croûte reste festive, mais plus consensuelle.
FAQ
Peut-on préparer cette truite en croûte à l’avance ? Oui, c’est même une de ses forces. Tu peux préparer le pesto et la crème d’épinards plus tôt, puis monter la truite en croûte quelques heures avant cuisson, en la gardant au frais.
Est-ce que le gochujang va “piquer” tout le monde ? Non, pas dans ces proportions. Il parfume, il réchauffe, il donne du relief. Si tu cuisines pour des palais très sensibles, tu peux réduire un peu, mais tu perdras une partie de ce twist qui fait la signature.
Quel accompagnement avec cette truite en croûte ? Un écrasé de pommes de terre, une purée de panais ou même des légumes rôtis très simples fonctionneront parfaitement, parce que la truite en croûte est déjà riche en textures et en goût.

Cette truite en croûte est exactement le genre de plat qui réconcilie tout le monde avec l’idée de “faire un plat de fête”. Il y a la tradition, il y a le croustillant doré, il y a la découpe spectaculaire. Et puis il y a ce twist signé Dumplings and More : le gochujang qui donne de la profondeur, les shiitakes qui apportent du caractère, et le citron confit qui éclaire tout, comme une petite touche algérienne glissée dans un Noël des saveurs du monde.
Truite en croûte ultra gourmande : crème d’épinards, shiitakes & gochujang
Ingrédients
Pour le saumon en croûte
- 2 filets de truite 500–600 g sans peau
- 1 pâte feuilletée pur beurre rectangulaire
- 1 jaune d’œuf dorure
- sel & poivre
Pour le pesto d’herbes maison
- 1 petit bouquet de persil
- ½ bouquet de ciboulette
- ½ bouquet d’aneth
- 1 c. à café de zeste de citron
- 40 –50 ml huile d’olive
- 1 c. à soupe de citron confit haché très finement
- 25 g parmesan
- sel poivre
Pour la crème épinards–champignons au miso blanc
- 400 g épinards frais
- 250 g champignons Paris, shiitakés ou mélange
- 2 échalotes
- 1 c. à soupe crème épaisse ou mascarpone
- 1 c. à café de gochujang
- sel poivre
- huile ou beurre pour cuisson
Préparation
Préparer le pesto d’herbes
- Mixer ensemble :
- persil, ciboulette, aneth
- parmesan
- zeste de citron
- citron confit
- huile d’olive
- sel, poivre
- Ajuster l’huile pour obtenir une pâte épaisse mais tartinable.
Préparer la crème épinards–champignons au gochujang
- Faire revenir les échalotes dans un peu de beurre/huile.
- Ajouter les champignons émincés et cuire jusqu’à évaporation complète de l’eau.
- Ajouter les épinards et cuire jusqu’à ce qu’ils tombent.
- Hors du feu : ajouter 1 c. à soupe crème ou mascarpone, 1 c. à café de gochujang et le poivre. Ajuster le sel.
Préparer la truite
- Saler et poivrer légèrement les filets de truite.
- Les sécher au papier absorbant.
Montage en croûte
- Dérouler la pâte feuilletée.
- Étaler au centre une bande de pesto d’herbes de la longueur de la truite.
- Par-dessus, étaler une fine couche de crème épinards–champignons.
- Déposer la truite.
- Recouvrir le dessus avec le reste de la crème.
- Déposer le deuxième filet de truite.
- Etaler une cuillère à soupe de pesto d’herbes par-dessus.
- Refermer la pâte autour de la garniture : d’abord les côtés, puis le dessus et souder avec un peu de jaune d’oeuf.
- Retourner le tout (pour que la soudure soit dessous).
- Dorer au jaune d’œuf.
- Option deco : réaliser des incisions fines au couteau.
- Faire une cheminée au-dessus pour laisser échapper la vapeur et éviter que la pâte ne détrempe.
Cuisson
- Enfourner pendant 25 minutes dans un four préchauffé à 200°C.
- Laisser reposer cinq minutes avant la découpe.
Service (option sauce minute)
- Préparer une petite sauce ultra simple avec de la crème fraîche, un peu de jus de citron, une cuillère d’aneth ciselée et assaisonner de sel et de poivre.
- Servir une cuillère à côté de la truite en croûte.






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